De Seattle à Orly : Ferry Flight du 32e Boeing 737 de Transavia

Chers Avgeeks, me voilà de retour pour la suite et fin des aventures à Seattle. Transavia m’a fait le beau cadeau de réaliser l’un de mes rêves : partir avec eux pour aller récupérer un Boeing 737 tout neuf, fraîchement sorti des usines de Renton. Après des visites des coulisses de la production du 737 et une cérémonie de livraison sous le soleil, voici venu le temps de ramener le 32e appareil de la flotte de Transavia France vers Paris via Reykjavik. Embarquement immédiat…

Partie 3 – Vol de convoyage Seattle Boeing Field > Reykjavik > Paris-Orly

Décollage mythique de Boeing Field

C’est après un délicieux déjeuner servi par Boeing que nous avons pris la direction de la passerelle menant à notre avion. Quelle sensation étrange, partir depuis cet aéroport de Boeing Field est si unique ! Point de carte d’embarquement à présenter, nous sommes accueillis par nos adorables hôtesses Séverine et Iolaine qui nous invitent à nous installer… où on veut ! Le choix ne manque pas, 189 sièges pour une quinzaine de passagers, ça laisse de la place 😁 Je jette mon dévolu sur la rangée 14. Pourquoi sélectionner un siège précis quand on peut avoir toute la rangée ? 😅

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Sensation curieuse, l’avion sent… le neuf ! Les sièges en cuir ont une odeur particulière, et ils ne sont pas encore pourvus des têtières Transavia. Autre scène amusante et unique, en plus de nous déposer oreiller et couverture pour le vol, on nous distribue la carte de sécurité. Et oui, l’avion n’a encore jamais effectué de vol commercial et n’en est donc pas encore équipé !

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De l’autre côté de mon hublot, une perspective rare : le centre de livraison et la terrasse de notre salon d’où je photographiais notre avion il y a quelques minutes encore.

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En peu de temps, l’embarquement est terminé (forcément avec juste une quinzaine de passagers, ça va vite 😊). Le moment des derniers aurevoirs avec les équipes Boeing est arrivé. La porte avant du F-HTVJ est fermée. Le repoussage débute.

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Nous nous éloignons du bâtiment du centre de livraison en apercevant les équipes de Transavia Pays-Bas qui prennent place sur la terrasse surplombant leur avion. Notre frère jumeau livré également ce même jour, le PH-HXL, partira pour Amsterdam 1h après nous. Les équipes nous feront signe et nous suivront jusqu’au décollage 😊👋🏻👋🏻

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Une fois libéré du véhicule de remorquage, nous roulons vers le bout de piste où nous attendrons quelques minutes que la piste se dégage.

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Lors de notre attente, nous stationnions tout prêt du 777 FedEx « ecoDemonstrator » sur lequel sont testés par Boeing des nouvelles technologies destinées à améliorer les performances environnementales des avions. Safran Electrical & Power participe au programme.

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L’attente prend fin et nous nous positionnons en bout de piste pour débuter ce voyage jusqu’à Orly.

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Les moteurs poussent et notre accélération démarre. Avec si peu de passagers, le poids de l’avion au décollage est réduit et nous nous détachons rapidement du tarmac de Boeing Field. La rotation se fait juste devant la tour de contrôle.

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On aperçoit sur la photo ci-dessus (dans le coin en haut à droite) un avion en approche de l’aéroport de Seattle situé à peine plus au sud que celui de Boeing Field. Le décollage nous offrira d’ailleurs une magnifique vue sur l’aéroport de Tacoma.

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Très rapidement, nous amorçons un virage serré pour faire un 180° et partir vers le Nord. Nous traversons une épaisse couche nuageuse qui nous prive de voir une dernière fois Seattle.

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Il est alors 15h30 (heure de Seattle) et nous partons pour un premier trajet de 7h afin de gagner Reykjavik. L’Islande est un stop obligatoire pour un avion tel que le 737 dont le rayon d’action ne lui permet pas d’effectuer de long-courrier (à moins de voler totalement vide, sans passagers… ni sièges !). Il faudra donc passer par l’étape refuel.

Lors de notre trajet, nous avons emprunté une route très au nord du globe en survolant le Canada pour rejoindre ensuite le Groenland. Une première partie de vol de jour qui nous a laissé un peu de temps pour discuter, notamment avec les pilotes de notre vol.

Quelles sont les particularités d’un tel vol ? Réponses au côté de notre Dream Team de pilotes

Je vous présente ci-dessous Antoine, Romain et Simon, nos adorables pilotes pour ce vol hors normes vers Paris-Orly. Ils se sont montrés d’une disponibilité incroyable pendant tout le vol et ont répondu à nos questions avec beaucoup de gentillesse. 

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1️⃣ Tout d’abord pourquoi être 3 alors qu’un vol habituel sur Transavia se fait avec 2 pilotes seulement ? C’est la durée de ce vol spécial qui impose aux équipages d’alterner leur présence aux commandes. En effet, pour vous donner une idée, les vols Transavia sur le moyen-courrier doivent avoir une durée moyenne de 3h30. Nous sommes loin des 12h nécessaires pour rallier Paris depuis Seattle en 737. Ce sont ainsi 2 Commandants de Bord et 1 Copilote (ou inversement, 1 Commandant de Bord et 2 Copilotes) qui se sont succédés dans le poste de pilotage.

2️⃣ Quelle est la particularité d’un tel vol ? La préparation ! En effet, le 737 de Transavia n’est pas certifié ETOPS, cela signifie qu’il ne peut pas s’éloigner de plus d’1 heure d’un terrain où se poser en cas de soucis. Préparer le vol demande ainsi de prévoir de nombreux terrains de déroutement. Et si un seul de ces terrains est fermé, le vol est interdit. Du fait de cette complexité du plan de vol, le briefing est lui aussi plus long que pour un vol classique.

3️⃣ Tous les pilotes de la compagnie peuvent-ils effectuer ce vol ? Oui, à condition d’avoir suivi une formation théorique et pratique en vol, appelée Minimum Navigation Performance Specification. Cela permet notamment d’aborder les particularités du survol de l’Amérique du Nord. Le pilotage de l’avion en lui-même est par ailleurs totalement identique à celui d’un avion avec plusieurs milliers d’heures de vol. La seule différence visible pour les pilotes concerne la consommation de carburant, plus réduite lorsque l’avion est neuf.

4️⃣ Avant la livraison, combien l’avion a-t-il effectué de vols ? Si tout s’est bien passé pendant les essais, ce vol de convoyage est seulement son 3e ! En effet, le premier vol test est appelé B1, comme Boeing 1. Il est effectué par un équipage 100% Boeing qui teste tous les systèmes selon des procédures bien précises. Panne moteur, problèmes de pressurisation… le cahier des charges est bien rempli ! Si des anomalies sont relevées pendant ce premier vol, un second vol appelé B2 est conduit pour vérifier la résolution des problèmes. Une fois cette étape passée, place au vol dit C1, comme Customer. Cette fois, un pilote de la compagnie cliente est présent et prend place à gauche dans le cockpit. A droite se trouve un pilote d’essai Boeing. Tous deux sont également accompagnés d’un mécanicien Boeing. Ce vol est l’occasion d’une démonstration au client. Là encore, c’est une checklist très précise qui est suivie. Si tout se passe bien, à l’issue de ce vol C1, l’avion est déclaré conforme et prêt pour la livraison !

C’est passionnant, d’autant plus que les pilotes nous ont laissé passer du temps avec eux dans le cockpit pendant tout le vol. Un grand merci à eux pour ces moments de partage 🙂

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Nos hôtesses, un équipage en or (vert)

Puisque l’on parle d’équipage, parlons désormais des équipages commerciaux ! Comme je vous le disais plus haut, nous avions la chance d’être accompagnés de deux hôtesses au 🔝, Séverine et Iolaine.

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Leurs sourires ne trompent pas, elles étaient aussi heureuses que nous de faire partie de l’aventure ! 💚

Ce que j’aimerais souligner chez chacune d’elle, au-delà de leur gentillesse, de leur bienveillance et de leur sens du service, c’est leur prise d’initiatives. Cette dernière qualité est d’ailleurs cultivée chez Transavia, qui veut laisser à chaque PNC de l’autonomie et de la liberté. Encourager la prise d’initiatives n’est pas une norme chez les compagnies aériennes mais le pari est plus que gagnant. D’ailleurs, un groupe d’ ‘ambassadeurs’ a été constitué parmi les personnels navigants et ce sont eux qui proposent des idées d’animation des vols. La Direction leur fournit un appui logistique comme des cadres photos par exemple. Et voilà comment on obtient de jolies histoires de vol partagées sur les réseaux sociaux !

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Merci à toutes les deux, et en particulier à Séverine, pour nos discussions et ces bons moments partagés.

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Les paysages défilent, la nuit tombe… 

Tout comme lors du vol aller avec Air France, survoler les paysages d’Amérique du Nord et du Groenland a été un ravissement pour les yeux. Après 4h de vol, la lumière du jour a doucement baissé dans la cabine jusqu’à laisser totalement place à la nuit.

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Nous espérions tous à ce moment-là voir des aurores boréales. Malgré tout nous étions en fin de saison, et nous savions la probabilité d’en apercevoir relativement faible. Et pourtant, des exclamations se sont soudain fait entendre dans la cabine. Pas de doute, voilà une aurore boréale ! Elle n’a pas duré longtemps et la pleine lune n’était pas idéale pour immortaliser le moment, mais le souvenir est quand même là 🙂

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Après toutes ces émotions, profitons de quelques instants de repos, bien installée en rangée 14. Avec les accoudoirs relevés, c’est royal !

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Le temps passe vite, l’atterrissage en Islande est annoncé !

Il est aux alentours de 5h du matin à Reykjavik, la descente se fait rapidement et en quelques minutes, le train touche le tarmac. Nous partons nous garer à l’opposé du terminal passagers. Il n’est là pas question de descendre de l’avion, nous ne sommes ici que pour faire le plein de carburant. La porte étant malgré tout ouverte pour que l’équipage puisse faire un tour de l’avion et vérifier que tout va bien, on profite de l’occasion pour se rafraîchir. Il fait 0° en Islande en cette fin mars, ça réveille !

Cette température provoque d’ailleurs du gel sur le fuselage, il faudra dégivrer avant de repartir !

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Une fois le plein et le dégivrage terminés, en à peine 1h, place au briefing entre les 3 pilotes avant de repartir. Pendant ce temps, derrière nous, notre jumeau néerlandais vient d’arriver. On se retrouve ainsi quelques heures après s’être quittés à Seattle. Le PH-HXL nous aura suivi sur tout le trajet 🙂

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Après un gentil mot d’Antoine au micro pour nous souhaiter une bonne dernière partie de ce voyage exceptionnel, nous prenons la direction de la piste de décollage. Un roulage qui nous permet de découvrir un léger lever de soleil. Arrivés en bout de piste, l’accélération se fait tout en puissance, nous décollons très rapidement et en douceur.

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Le paysage au lever du soleil est magique. La lumière rosée est splendide. Une fois encore, on en prend plein les yeux… 

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Une dernière surprise…

Après un petit déjeuner servi par nos hôtesses préférées, c’est Nathalie Stubler, la CEO de Transavia France, qui passe parmi nous pour nous faire un dernier cadeau… une copie de la clé de l’avion dans un petit écrin ! Pas de panique, ce n’est que symbolique, nul besoin de clé pour démarrer un avion. En revanche, c’est un magnifique souvenir de plus de ce voyage inoubliable…

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Atterrissage imminent à Paris Orly

Les dernières minutes de ces 4 jours hors normes ont défilé à une vitesse folle. Malgré la fatigue et le décalage horaire, je n’avais pas franchement envie d’arriver à Paris. On aurait presque pu continuer notre route 🙂 Mais non, il fallait bien un moment ou à un autre redescendre sur terre ! L’atterrissage à Orly sur les coups de 11h fut des plus smooths.

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Quelques gouttes de pluie parisiennes baptisent notre avion. En roulant vers notre point de parking, nous passons au large des long-courriers d’Orly Sud.

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Nous sommes partis nous garer dans la zone fret, puis nous avons débarqué non sans avoir d’abord salué et remercié notre équipage de choc.

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C’est ainsi que s’achève le vol n° TO747 entre Seattle Boeing Field et Paris Orly via Reykjavik. Oui, vous avez bien lu, « 747 » ! C’est Boeing qui décide des numéros de vols… un joli clin d’oeil que d’utiliser le 747.

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Si ce vol est terminé, c’est maintenant que tout commence pour le F-HTVJ ! 4 jours après notre arrivée à Paris, il a démarré sa vie commerciale. Djerba, Budapest, Casablanca ou encore Beyrouth et Porto. Ce ne sont là que des exemples des premières destinations du réseau Transavia qu’il a visité.

3e nouvel exemplaire sur 4 à être réceptionné en 2018, cet avion va accompagner les 18% de croissance de la compagnie. Au-delà de sa base parisienne, Transavia table également sur la province. 5 avions sont maintenant basés à Nantes et Lyon et les ouvertures de lignes se succèdent. Les ambitions sont là et la compagnie se donne les moyens de les réaliser. Service client irréprochable, site exemplaire ergonomiquement, campagnes de communication inoubliables, expérience à bord résolument tournée vers la bonne humeur et le partage… la promesse « We make low cost feel good » est plus que remplie. Bravo Transavia, et surtout bon vent pour la suite ! 

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Nathalie Stubler, CEO Transavia France, une PDG accessible et à l’écoute de ses équipes et des passagers – une autre recette du succès !

Pour conclure, je vous invite à ouvrir l’oeil la prochaine fois que vous embarquez à bord d’un 737 Transavia. Guettez son immatriculation. Peut-être qu’il s’agira du F-HTVJ ! Si oui, je vous conseille la rangée 14 💚😉

A bientôt les Avgeeks…

Voyage réalisé sur invitation de Transavia France et Boeing. Un grand merci pour ce moment exceptionnel.

Pour retrouver les précédents articles du reportage à Seattle :

Partie 1 – Visites sur les terres de Boeing à Seattle : configuration et assemblage du 737

Partie 2 – La Cérémonie de livraison du 32ème Boeing 737 de Transavia à Seattle en photos

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2 commentaires

  1. Bonjour Madame.Un beau récit, agréablement illustré,avec notamment une photo au dessus de chez moi.Juste une faute.Vous tombez,comme beaucoup dans le panneau  » en écrivant « des exclamations se sont soudain faites entendre ».Le verbe faire reste invariable lorsqu’il est suivi d’un verbe à l’infinitif.Cordialement.J-Marie

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